Interview: The Scissor Sisters

Magic Hour, le quatrième album des extravagants New-yorkais de Scissor Sisters, joue la carte des sentiments. Schocking !

« Les Scissor Sisters ? Ca me fait vomir ! ». On taira le nom du célèbre rock-critic hexagonal interpellé au sujet des auteurs de Take Your Mama et I Don’t Feel Like Dancin’. Depuis 2004, le quintet New-yorkais distille un cocktail ultra-tonique où les harmonies pompières de Queen, Elton John et des Bee Gees téléscopent de plein fouet les dernières tendances pop. De quoi rebuter les conservateurs du binaire, tout en réjouissant presque tous les autres à l’aide d’un savoir-faire mélodique et d’une exubérance scénique à toute épreuve. Magic Hour, l’album numéro 4 des Scissor Sisters, cristallise les influences pop-dance d’un groupe formé à la dure dans les clubs electroclash de Manhattan. « Magic Hour est notre album le plus contemporain », commente Jake Shears, chanteur extraverti et ancien danseur go-go. « C’est un disque essentiellement basé sur les beats et l’électronique. » Fidèles à leur politique de porte ouverte, les Scissor Sisters ont confié cette fois la coproduction et les arrangements de leur nouvel essai à un prestigieux aréopage de metteurs en sons. « Pour Night Work, nous avions invité Santigold, Stuart Price et Alison Goldfrapp. Sur Magic Hour, on trouve Pharrell Williams, Calvin Harris et Alex Ridha de Boysnoize, qui est le principal coproducteur de l’album. L’équilibre s’est crée naturellement entre tous ces titres, ce qui n’est jamais simple pour un groupe comme le notre : on essaie toujours de passer d’un style à un autre, mais nous voulions surtout que Magic Hour soit indéfinissable. »

 Dans Magic Hour, les romances fleur bleue (The Secret Life Of Letters), les introspections contemplatives (All The Horses) et les évocation de lieux paradisiaques (San Luis Obispo) succèdent aux sous-entendus coquins, le tout circonscrit dans un artwork plus proche des pochettes progressives d’Hipgnosis pour Pink Floyd que des devantures de peep-show. Assagies, les soeurs ciseaux ? « Oui, sans doute. C’était aussi un choix naturel, car nous avons essayé de produire un album chaleureux et presque estival après Night Work, qui était plus sombre et sexuellement agressif, alors que celui-ci est plutôt romantique et émotionnel. Dans Magic Hour, une chanson comme All The Horses me fait penser au soleil qui se lève au lendemain d’une énorme fête… Cet album est une sorte de réaction à Night Work, de la même manière que Ta-Dah, notre deuxième album, était une réaction au premier. » « Si tu ne réagis pas à ce que tu fais, tu te retrouves prisonnier dans une bulle et tu sors à peu près n’importe quoi comme Prince, ou bien tu écris des tubes à la Lady Gaga, ou tu les laisses te l’écrire par d’autres (rires) », ironise Del Marquis, élégant guitariste pince sans-rire capable de riffer comme Mick Ronson et de choruser comme Dave Navarro au cours du même morceau. Let’s Have A Kiki, le titre de la sixième plage de Magic Hour, soulève toutefois une interrogation légitime que Jake Shears balaie d’un sourire. « Oui, je sais que kiki est un mot pour désigner le pénis en Français. Au risque de décevoir, kiki n’a rien de sexuel en américain. C’est juste une petite fête entre amis. » Ah, l’esprit mal tourné des journalistes français…

Scissor Sisters Magic Hour (Mercury/Universal). Dispo depuis le 28 juin.

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Une réponse à “Interview: The Scissor Sisters

  1. le numéro 3 est sorti ?

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