Interview : Gaz Coombes « Des sons bizarres dans ma tête »

Désormais en mode solitaire, l’ex-Supergrass s’affranchit de la power-pop Oxfordienne avec Here Come The Bombs, un premier album solo marqué du sceau du renouveau et de l’expérimentation.

La pelouse ensoleillée et l’énorme panneau des Beatles traversant Abbey Road lui semblent familiers. Par un curieux hasard promotionnel, on retrouve Gaz Coombes dans les jardins la maison de disques où les bien-aimés Supergrass avaient l’habitude de venir défendre leurs derniers albums face à la presse. En 2012, les temps ont changé, et si Gaz arbore toujours ses impressionnantes côtelettes capillaires, l’ancien Supergrass opère aujourd’hui en solo et publie son premier album, Here Come The Bombs. Alors Gaz, la solitude ? « Ce n’est pas comme ça que j’envisage les choses », répond l’homme-orchestre aujourd’hui âgé de 36 ans. « Je vis très bien cette nouvelle expérience. J’avais besoin de ce renouveau après avoir passé près de vingt ans dans un groupe. Je serai toujours très fier de Supergrass, mais certaines choses commençaient à me peser, notamment les réunions incessantes. Ce n’est pas mon job de discuter pendant des heures de la couleur de la pochette d’un disque ! ».


Conçus comme la bande originale d’un film imaginaire (« un croisement de Blade Runner et de Docteur Folamour » selon Gaz Coombes), Here Come The Bombs et ses 11 titres sous fortes influences glam et Kraftwerkiennes ont été écrites et enregistrées au lendemain des sessions avortées de Release The Drones, le 7ème album fantôme de Supergrass. Mais si certaines plages portent la marque du trio Oxfordien, Gaz Coombes reconnaît avoir poussé le curseur expérimental de plusieurs crans. Il en profite également pour dénier son ancien rôle de songwriter en chef : « Chacun contribuait de manière plus ou moins importante sur nos disques, et je n’ai rien mis de côté pour mon album solo. 95% des compositions sont récentes, même si j’avais quelques idées et de vieux accords en stock », explique Gaz Coombes en insistant sur l’importance des boucles de batterie et autres synthétiseurs analogiques dans un ensemble inspiré des travaux de Brian Eno (période Another Green World) et « des sons bizarres dans ma tête. » Désormais accompagné des Bombs, son groupe de scène dans lequel on retrouve son frère Charly aux claviers, Gaz Coombes a retrouvé la route depuis le début de l’été et songe déjà au choix des reprises (les Beach Boys ? Scott Walker ?). Avant même qu’on lui pose la question, Gaz anticipe : « Je ne jouerai pas de chansons de Supergrass. Du moins, pas tout de suite… ».

Gaz Coombes Here Come The Bombs (Hot Fruit/EMI). Dispo depuis le 21 mai.

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