Interview : Jake Bugg « L’âge, c’est juste un numéro »

 

Jake-Bugg-Seen-It-All

À 18 ans à peine, le jeune Anglais a publié en début d’année un premier album aussi mature que prometteur. Rencontre avec une des révélations de 2013, à la veille de sa première grande tournée européenne.

Si les statistiques s’en étaient mêlées, il y aurait eu de fortes chances pour que Jake Bugg porte des pantalons baggy et une casquette de street designer en faisant grésiller du hip-hop dans son casque MP3. À 18 ans, le lad originaire des quartiers gris de Clifton ressemble davantage au 5ème membre des Arctic Monkeys : il préfère porter une parka à la Liam Gallagher sur une paire de jeans slim et citer Bob Dylan, Donovan et Johnny Cash comme influences principales de son premier album éponyme. « Dès que j’ai empoigné une guitare, j’ai su que c’était ça que je voulais faire. On m’a donné ma chance, j’y suis allé. L’âge, c’est juste un numéro », soupire Jake Bugg entre deux cigarettes sans se rendre compte qu’il cite un tube R&B d’Aaliyah. C’est en regardant un épisode des Simpson où Don McLean interprète le génial Vincent que Jake a buggé. Le début d’un voyage musical à rebours via YouTube, la radio et les discothèques de ses amis. « J’ai remonté le fil comme ça, puis vers 12,13 ans, mon oncle m’a donné une guitare acoustique et j’ai appris à jouer des morceaux de Jimi Hendrix et Robert Johnson. J’adore jouer du blues. Le Blues est un bon moyen d’exprimer ses sentiments. » 

Des sentiments, les textes autobiographiques de Jake Bugg en débordent, des amours perdus de Note To Self à la violence périurbaine de Seen It All, témoignage cru d’une rixe sanglante à la sortie d’un club. « J’étais là ce soir-là, c’était plutôt hardcore. La plupart de mes textes proviennent de mes expériences personnelles, mais en tant que songwriter, je m’efforce de faire travailler mon imagination, comme dans The Ballad Of Mr Jones où je raconte le procès d’un innocent. Je parle aussi des drogues douces, de mes anciennes copines… Tout ce qu’un gars de 18 ans doit raconter, non (rires) ? ». Outre-Manche, l’authenticité de Jake Bugg et ses arrangements pop/folk qui empruntent aussi bien aux premiers albums unplugged de Dylan qu’au néo-skiffle de The Coral sont déjà loués par Noel Gallagher, Lilly Allen et les membres de Coldplay. Sur scène, Jake Bugg est aussi un performer à suivre. « Quand je joue, dans les premiers rangs, il y a surtout des filles de 13-14 ans. Au fond, on trouve plutôt des types plus âgés qui écoutent en croisant les bras », s’amuse Jake en analysant le public de ses premiers concerts anglais. À la veille de la sortie européenne de son premier album et une tournée marathon qui passera par la France cet été, Jake Bugg a-t-il un plan de carrière ? « Je veux juste enregistrer d’autres albums et pouvoir vivre confortablement de ma musique. J’ai déjà fait pas mal de choses vu que je n’aurais jamais imaginé : sortir un album aussi tôt, me retrouver en première partie de Noel Gallagher, jouer à Glastonbury… Mais je sais aussi que ce n’est que le début du chemin…».

Jake Bugg (Mercury/Universal). En tournée française (Festival Beauregard, Hérouville le 7 juillet, Festival Les Déferlantes, Argelès le 9 juillet) et en concert à Paris ‘L’Olympia) le 21 novembre.

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