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Interview : Le monde parfait de Kodaline

Kodaline Paris,Sony Musique, 01/03/2013 Sabrina Mariez

 Steven Garrigan (chant) et Mark Prendergast (guitare) sont épuisés, mais heureux. La veille, Kodaline donnait son premier concert français dans une Maroquinerie parisienne ultra-réceptive à la pop électrco-romantique du quatuor Irlandais. Formé à Dublin en 2007, Kodaline a dominé les charts nationaux en 2007 avec leur premier single « Give Me a Minute » sous le nom 21 Demands, avant de se rebaptiser en 2011 sous une appellation énigmatique à prononcer à l’anglaise (Kodalaïne). « C’est très dur de trouver un nom de groupe aujourd’hui », explique Steve. « Il y a environ 200 groupes du même nom, et Kodaline ne ressemble pas aux autres ». « Ce n’a pas vraiment de sens, mais on adore quand les français le prononcent. Kodaliiine (rires). On adore ! Et Kodaline n’est pas un médicament non plus », précise Mark.

In a Perfect World, leur premier album, s’aligne sur une pop-rock mélodique proche de l’univers de Coldplay ou des Stereophonics. Mais lorsqu’on leur pose la question, Steve et Mark se lancent dans un namedropping plutôt éloigné des ballades lyriques et radiophoniques de Chris Martin et Kelly Jones : « Nous avons chacun nos propres goûts, mais je dirais les Beatles, Radiohead, les Strokes, Daft Punk, LCD Soundsystem et nous avons eu une grosse période Talking Heads, juste après notre période Thin Lizzy ! ». Autant de références cultes pour une écriture inspirée par les événements du quotidien. « Chaque chanson évoque un événement précis que nous avons vécu, et le moyen le plus simple de l’exprimer, c’est en étant direct. « Talk », par exemple, relate une séparation récente », explique Mark. Dans un registre plus amusant, l’enregistrement d’In a Perfect World a été marqué par d’étranges incidents à caractère ésotérique. « On a enregistré l’album dans le studio où ont été enregistrés « Bohemian Rhapsody » de Queen et What’s the Story ? Morning Glory d’Oasis », raconte Mark. « Le studio était hanté. On n’a pas vu de fantôme, mais le couple qui vivait dans la maison d’à côté en avait vu plusieurs fois. Quand on a su ça, on a tous fait des rêves bizarres avec ce studio. Je ne suis pas somnambule, mais je me suis réveillé dans une rue de Brighton en caleçon à trois heures du matin ! ». On retrouve ces fantômes, entre autres tourments, dans In a Perfect World, que Kodaline défendront cet automne sur les scènes d’Europe.

Avant de se quitter, LeRock pose une dernière question au binôme irlandais : De quoi serait fait le monde parfait de Kodaline ? « Ce serait un monde où le groupe pourrait continuer à faire de la musique, même si on n’a pas de succès. J’aimerais tourner et voyager sans arrêt, rencontrer de nouveaux amis… », s’enthousiasme Mark. Le souhait le plus cher de Steve serait « que notre musique soit entendue par le plus de monde possible, et puis que chacun fasse ce qu’il en veut. »

Kodaline In a Perfect World (B-Unique/RCA Victor/Sony Music) Sortie le 10 juin

Interview : Miles Kane dévoile les 11 titres de Don’t Forget Who You Are

Miles Kane

 Quelques heures avant son concert explosif à La Maroquinerie de Paris, la moitié des Last Shadow Puppets dévoilait pour LeRock les 11 titres de Don’t Forget Who You Are, son excellent deuxième album qui paraîtra le 3 juin.

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LeRock : Miles, Don’t Forget Who You Are est ton deuxième album solo, mais si on compte ceux que tu as enregistré avec les Little Flames, les Rascals et les Last Puppets, tu en es déjà à ton cinquième !

Miles Kane : Oui, je sais, c’est dingue, j’ai l’air d’un vétéran à 27 ans (rires) ! Les choses ont changé depuis mes débuts. Je cherchais encore mon chemin sur Colour of the Trap, mon premier album. Cette fois, je l’ai trouvé et j’en ai profité pour accumuler de nouvelles choses en me baladant.

 
01/ « Taking Over »

L’idée était de mélanger T. Rex et les Beatles sur ce morceau. J’adore les rythmiques glam (il tape le rythme sur la table) et « Taking Over » démarre sur genre de rythme avant de déboucher sur un refrain très mélodique, un peu à la Paul McCartney. En studio, on a beaucoup travaillé la transition entre le couplet et le refrain, mais on y est arrivé. Cette chanson parle de ce qui t’arrive quand tu n’arrives pas à te sortir une fille de la tête une fois que la relation est terminée. Un truc que tout le monde a vécu, j’imagine.

 

02/ « Don’t Forget Who You Are »

La phrase « Don’t let your worries bring you down » résume l’esprit de l’album, et aussi une partie de ma personnalité. Je l’ai écrite en une après-midi, et les membres du groupe l’ont tout de suite trouvée cool… Parfois, je suis un type sûr de lui, qui sait ce qu’il veut, mais à d’autres moments, j’ai tendance à trop me prendre la tête sur des choses qui n’en valent pas la peine. Je me fais souvent du mal pour rien.

 

LeRock : Il est aussi question d’humilité dans cette chanson.
Miles Kane 
: Oui, il faut toujours savoir d’où l’on vient. Sur la pochette de l’album, on voit ma mère et son stand de boucherie du marché. J’ai travaillé là-bas, et c’était cool… Peu importe tes expériences, il faut rester fidèle à ce que l’on est. J’ai vu plein de gens perdre la tête à cause de la célébrité, et souvent sans rien faire. Le pire, ce que les kids trouvent ça normal. Bien sûr, la célébrité a quelque chose d’agréable, je ne vais pas te mentir, mais il ne faut pas tomber là-dedans non plus.

 

03/ « Better Than That »

C’est un des titres les plus positifs de l’album, une pop song énervée et catchy. Tu peux l’écouter avec tes potes quand tu en as marre de tout. J’ai hâte de la jouer dans des petits clubs. On y trouve tout ce que j’aime, avec des références à James Brown, et même Brigitte Bardot ! J’aimerais bien la sortir en single.

 

04/ « Out of Control »

Une ballade qui sera le prochain single. Il y a un an et demi, je suis tombé amoureux pour la première fois, et j’ai eu l’impression d’entrer dans un voyage vers l’inconnu. Cette chanson parle de ça. Elle est très romantique, et j’adore les arrangements de cordes qui me font penser à « The Drugs Don’t Work » de The Verve, mais si les paroles racontent quelque chose de complètement différent.

 

05/ « Bombshells »

L’intro sonne comme les Who, non (rires) ? On est un peu dans le punk et j’aime bien la ligne « I want excitement/I need a cure, but I’m not secure », ça me ressemble beaucoup aussi. J’aimerais bien démarrer les concerts avec « Bombshells », et pourquoi pas avec une intro de 20 minutes (rires) !

 

06/ « Tonight »

Un autre morceau très agressif dans l’esprit garage. Le couplet s’adresse a quelqu’un qui t’a fait du mal, ou une fille qui a couché avec un autre type. Mais dans le refrain, je chante « Tonight is our night, and let’s forget all our fuckin’ doubts ». Ca peut paraître un peu cliché, mais c’est comme ça. Cette chanson est parfaite pour la scène, c’est le moment de lever les bras en l’air !

 

07/ « What Condition Am I In »

Le titre s’inspire de la chanson de Kenny Rogers « Just Droppend In (To See What Condition My Condition Was In) ». Je l’ai transformé à ma manière, et c’est une fois encore une chanson qui te dit que ça ne sert à rien de ressasser les choses, et encore moins après une nuit arrosée…

 

08/ « Fire in My Heart »

Une ballade que j’ai écrit avec Paul Weller. C’est un bon ami, et aussi quelqu’un de très humble. Il sait que je suis quelqu’un de volontaire, et il me respecte pour ça, et ça me donne de la confiance en retour. « Fire in My Heart », c’est une chanson de cow-boy qui boit son whisky dans un bar à une heure du matin, avec un type qui joue du piano derrière lui. J’aimerais bien la chanter ivre !

 

09/ « You’re Gonna Get It »

C’est la première chanson que nous avons écrite pour cet album. Il n’y avait que Paul, moi et Jay, le batteur, dans le studio. Ca s’est passé très vite, aussi bien pour la musique que pour le texte. C’est une fuck-you song

 

10/ « Give Up »

« Give Up » est la fois pop et heavy. Elle ressemble un peu au style de Jack White, et je l’imagine très bien en train de la chanter. Ce titre décrit l’idée de contrôler une relation amoureuse. On essaie de prendre le pouvoir, de tout contrôler, mais à un moment, on se rend compte qu’il faut lâcher prise.

 

11/ « Darkness in Our Hearts »

Dans le refrain, je chante « Don’t let the darkness fill your heart ». J’avais cette phrase en tête depuis des années. Tout le monde possède une part de noirceur au fond de lui, quelque chose qui le pousse à la dépression ou à faire des choses stupides ou dangereuses. On ne peut pas lutter contre ça, mais c’est aussi ce qui fait de nous des êtres complexes. « Darkness in Our Hearts » est quand même une chanson positive. Elle se termine par la phrase « You’ve got to be ready for it » chantée en boucle, car c’est à chacun de décider de la suite. Musicalement, c’est comme une explosion, et c’était le meilleur moyen de terminer l’album. Bang !

 
Miles Kane Don’t Forget Who You Are (Columbia/Sony Music). Disponible le 3 juin. En concert à Paris (Olympia) le 30 octobre.